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Membre du club de plongée de PJ2S : Sauveur Lococo plonge à plus de 71 mètres dans le grand Bleu

En octobre 2020, à Kalamata, en Grèce, le Gravenchonnais Sauveur Lococo est descendu en apnée à 71,4 m de profondeur. À 66 ans, il tutoie aujourd’hui les meilleurs mondiaux de la discipline…

Kalamata, Péloponnèse. 9h du matin. Ciel bleu, mer d’huile… un jour ordinaire sur la « Calm zone »  comme l’appelle Stavros Kastrinakis, directeur du Freediving club Greece et multi recordman du monde d’apnée en profondeur.

C’est dans ce lieu mythique que les meilleurs apnéistes mondiaux viennent chercher l’atmosphère à la fois zen, bienveillante et ultra professionnelle qui s’avère être la marque de fabrique du « boss » et de sa team.

Et c’est précisément là que Sauveur Lococo, accompagné de quelques amis normands apnéistes, a décidé d’aller s’entraîner, histoire de voir jusqu’où la grande bleue accepterait de l’accueillir dans ses bras. Des étoiles dans les yeux, ce Jacques Maillol normand raconte comment, à 66 ans, il est aujourd’hui l’un des hommes « les plus profonds » de Normandie, de France, et du monde dans sa catégorie.

Caux Seine agglo : Comment avez-vous découvert l’apnée ?

Sauveur Lococo :

J’ai commencé par la plongée à l’occasion d’un baptême en 2009 aux Maldives. Ce fut un véritable coup de foudre ! Au retour, je n’ai plus eu qu’une idée : retourner « en bas, dans le bleu ». J’ai débuté ma formation avec un copain, Gilles Carpentier au club Saint-Jacques de PJ2S. L’apnée n’est venue que dans un deuxième temps, lorsque j’ai préparé le niveau 4. Mon coach et ami Pierre Ducloux m’a demandé de faire 50m dans le bassin en apnée dynamique avec palmes. À l’époque pour moi, c’était l’Himalaya ! 10 ans plus tard, 50 mètres, c’est la mise en bouche de mon échauffement (rires).

Caux Seine agglo : Vous êtes capable de « pousser » jusqu’à 113m en piscine, mais la profondeur, c’est autre chose n’est-ce pas ?

SL : oui. En dynamique, dans la piscine, j’apprécie le fait de me promener sous l’eau le plus longtemps possible sous le regard des copains, parce qu’on ne pratique jamais l’apnée seul. C’est dangereux et d’ailleurs interdit.

En profondeur, ce que j’aime, c’est la sensation de glisse, de sentir la corde filer entre les doigts, de descendre vers le bleu sombre… On n’a plus envie de remonter.

Pourtant, la descente c’est le moment le plus compliqué pour moi.  Jusqu’à 40/50m, il faut rester concentré pour « compenser » (NDLR : envoyer de l’air avec sa bouche dans les trompes d’Eustache pour équilibrer les tympans écrasés par la pression).

Puis il faut gérer la pression :  à 70 m, 8 bars sur la cage thoracique, ce n’est pas rien ! Il faut se parler, se rassurer, s’encourager… Le voyage, qui dure un peu plus de 3 minutes tout compris, est d’abord intérieur.

Mais une fois au « fond », c’est fabuleux. Quand j’amorce ma remontée à la force des bras – la discipline que j’ai choisie est l’immersion libre -, je sens un sourire intérieur : la lumière et le soleil reviennent, la pression se relâche… Que du bonheur.

Je revis mes descentes tout le reste de la journée et même la nuit. Puis je me prépare à nouveau pour le lendemain, dans la zénitude totale, même s’il y a aussi un peu d’adrénaline…

L’ambiance chez Stavros est exceptionnelle. On est tous sur la même « longueur d’onde », dans le partage. On côtoie les plus grands athlètes de la planète, qui sont tous d’une incroyable gentillesse. Je n’ai qu’une idée : y retourner… pour faire mieux bien sûr !

Plus d’infos sur Facebook Club saint-Jacques –CSG Plongée

Et Facebook FCG (Freediving Club Greece)

Crédit photo : DR/Coll. Sauveur Lococo